Compte-rendu de la table-ronde du 4 Juin 2016
- Asma Abensar
- 20 juin 2016
- 2 min de lecture
Qalam Sorbonne a tenu sa première table-ronde samedi 4 Juin 2016 à la Maison des Initiatives Etudiantes. Malgré tous les problèmes techniques que l’équipe associative a pu rencontrer ce jour-là, la table-ronde a beaucoup plu.
Les circonstances actuelles jouaient pourtant contre nous. En effet, intempéries et perturbations des transports en région parisienne ont quelque peu chamboulé le bon déroulement de la table-ronde. Les intervenants se sont faits attendre et les spectateurs sont arrivés au compte goutte. Un des invités, Mohamed Bajrafil, n’a, lui, pas pu prendre part à la table-ronde.
Néanmoins, à 15h, la présidente de l’association, Amina C., ouvrit la table-ronde en rappelant l’origine de l’association Qalam Sorbonne. Avant de laisser la parole aux intervenants, Amina A., fidèle bras droit de la présidente, présenta, avec un brin d’humour, les différents thèmes qui allaient être abordés par les intervenants.

Asmaa Jaber, doctorante en Science Politique et professeur à Sciences Po Paris, a traité le sujet « Banlieues, Islam et radicalisation », en évoquant, entre autres, sa thèse sur la socialisation politique des enfants dans les familles d’origine maghrébine. Elle a proposé d’appréhender l’origine du problème de la radicalisation d’un point de vue socio-économique. En effet, Asmaa Jaber invite les chercheurs à étudier ces sujets brûlants avec des grilles d’analyses plus rationnelles, plus froides.

Antoine Jardin, politologue et ingénieur de recherche au CNRS, a lui, rappelé le vif débat parmi les chercheurs sur la dénomination de la cause de la montée du djihadisme : « islamisation de la radicalité » ou « radicalisation de l’islam ». Ayant travaillé sur le vote dans les banlieues depuis 2005 et ayant participé à la rédaction de l’ouvrage Terreur dans l’Hexagone de Gilles Kepel, il a davantage insisté sur l’absence d’un islam monolithique et la fragmentation progressive des groupes islamistes.

Enfin, la dernière intervenante, Amal Taghouti, a pris la parole. Etudiante en science politique et philosophie à l’université de Vincennes, elle représentait la Ligue Française des Femmes Musulmanes. Elle devait aborder le sujet « La femme musulmane au cœur de l’actualité ». Après avoir affirmé que les femmes musulmanes sont toutes différentes les unes des autres et ainsi rejeté l’existence de « la » femme musulmane, elle a évoqué les récents débats sur le port du voile à l’université et est revenue sur la loi sur la laïcité du 15 mars 2004.
Elle a permis d’ouvrir les débats, ayant encouragé la participation des spectateurs. Une fois les interventions des spécialistes terminées, les personnes présentes dans le public ont pu poser des questions aux intervenants, réagir aux sujets abordés, parler de leurs propres expériences et mentionner les thématiques qui avaient pu être négligées. Les débats se poursuivirent après la projection d’un micro-trottoir réalisé par l’association pour l’occasion. La vidéo permit de diffuser un message d’espoir à la fin de cette table-ronde.

Ainsi, malgré les multiples aléas auxquelles l’association a dû faire face ce samedi, la table-ronde, premier évènement organisé par Qalam Sorbonne, fut un succès. En petit comité, les intervenants ont pu répondre aux questions du public, qui s’est montré très réactif à la fin des interventions.